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Articles autour de la thérapie Intelligence Relationnelle®, neurosciences, troubles de l'attachement, théorie polyvagale, accompagnement de l'enfant...

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Psychothérapie & sciences : évitons les amalgames.

Sur ce site, je parle beaucoup des nouvelles approches psychothérapeutiques qui se basent sur des principes scientifiques (neurophysiologie, neurobiologie, neurosciences, etc…). Car ces dernières décennies, de nombreux neuroscientifiques prouvent le marquage biologique des difficultés psychologiques. Et même si l’évolution des psychothérapies vers une inclusion de ces données scientifiques me semble indispensable pour répondre aux limites des traditions “psy” dites “classiques”, il peut être néanmoins nécessaire de replacer le clocher au centre du village et de vérifier le sens et la conscience des mots et des intentions utilisées…

 

nhia-moua-theorie-polyvagale-roudy-lemaireMa découverte de la Somatic Experiencing et l’apprentissage de la thérapie en Intelligence Relationnelle (basée sur les principes de la théorie polyvagale et la théorie de l’attachement) me confortent dans mes intuitions : les  diverses méthodes de psychothérapies ne peuvent plus ignorer les résultats des récentes études scientifiques, tout comme les thérapies basées sur des principes scientifiques ne peuvent pas oublier l’importance et la singularité des qualités humaines du thérapeute.


La psychothérapie peut-elle, aujourd’hui, se passer de la science ?

Loin de l’image austère et sans émotion du psychanalyste classique, du psychiatre-médecin ou du psychologue universitaire*, les récents courants d’approches humanistes et centrées sur la personne de ces dernières décennies ont mit l’accent sur le pouvoir guérisseur de l’empathie et de la compassion.

Et en même temps, l’amour peut-il suffire ? Peut-on assurer la sécurité (psychique) de ses patients uniquement grâce à une empathie à toute épreuve et à une connaissance assidue des différents protocoles développées par les thérapies humanistes ? Développer une conscience de la réalité biologique de nos traumas et expliciter la cohérence de ce que l’on fait et pourquoi on le fait assure beaucoup plus la sécurité psychique des patients et permet d’éviter certaines “impolitesses biologiques” qui entraînent un renforcement de schémas relationnels, voir recréée des traumatismes supplémentaires.

Cette nouvelle conscience permet également de ne pas se raconter que l’amour pourrait suffire, car, comme en parentalité : “aimer n’est pas forcément protéger”. Si l’amour suffisait, toute enfance serait déjà heureuse et sans blessure.

Les amalgames entre psychothérapie et sciences en lien avec somatic experiencing, theorie polyvagale, therapie intelligence relationnelle

Car même avec la meilleure volonté du monde, même avec la plus belle des qualité de présence qu’il soit, un thérapeute ne peut plus faire l’impasse sur les principes biologiques qui sous-tendent les difficultés psychiques rencontrées par ses patients.

Les dernières recherches scientifiques démontrent que le trauma est d’abord physiologique avant d’être psychologique et qu’il apparaît suite à des déconnexions répétées dans le lien avec l’autre dans son plus jeune âge. Ce qui sous-entend que toute situation difficile (négligence, indifférence, maltraitance envers le nourrisson et plus tard), vécue et non résolue grâce à l’aide d’un autre être humain, s’imprime en premier lieu dans la biologie de l’individu (système nerveux) avant d’avoir des effets sur le psychique.

Même Freud reconnaissait en 1914 que, contrairement à ce qu’il soutenait au départ, ses hypothèses trouvaient leurs origines “essentiellement sur la biologie». Mais ces déclarations semblent ne pas avoir trouvé résonance auprès de ses contemporains et des générations qui suivirent.

À partir de cela, la théorie polyvagale nous invite à reconsidérer certains postulats thérapeutiques. Étant des êtres relationnels, nous sommes biologiquement “câblés” pour d’abord être aidé par la relation avec un autre avant de nous débrouiller seul. Ainsi la guérison d’un trauma n’est biologiquement possible qu’à travers la “co-régulation” (ce retour à une sécurité émotionnelle grâce au lien avec un autre individu lui “régulé”).

D’où l’importance des thérapies qui explicitent la nécessité biologique d’un “engagement relationnel” du thérapeute qui irait au-delà de la simple empathie et compassion pour s’engager dans la relation avec le patient. Et par ailleurs, l’intérêt d’avoir aussi conscientisé (toujours biologiquement parlant) les conséquences d’une empathie “exagérée”. Car si la bienveillance a été synonyme de traumatismes dans l’histoire du patient, son système nerveux aura développé certains états biologiques à l’origine de ses difficultés psychologiques.

Ces principes biologiques sont toujours opérants dans toutes relation (implicitement ou explicitement), et donc, à fortiori, dans toute méthode d’accompagnement et de relation d’aide, thérapeutique ou non. La relation thérapeutique étant l’espace privilégié où se rejouent les schémas relationnels liées aux blessures d’attachement, l’ignorance de ses principes scientifiques peut-être facteur de traumatismes supplémentaires ou de renforcement des traumatismes déjà présents.

Les thérapies qui n’ont pas encore intégré ces connaissances scientifiques dans leurs modèles, par le manque de structures intégrées à l’aune de ces réalités physiologiques, par une méconnaissance de notre réalité physiologique, par l’inconscience des règles physiques peuvent générer et renforcer des traumatismes.

La Terre, la Nature et le Vivant répondent bel et bien à des principes physiques : et les traumatismes ne font pas exception.


Les thérapies basées sur des principes scientifiques peuvent-elles s’affranchir du facteur humain ?

La physiologie et la neurobiologie sont indispensables à connaitre pour, non seulement comprendre le traumatisme, mais aussi le traiter. Cependant, il est important d’être vigilant dans la façon de présenter les choses et ne pas faire un raccourci entre “psychothérapie” et “science”. La psychothérapie n’est pas issue de la science (bien qu’elle découle de la psychiatrie qui elle était au départ médicale). Une méthode psychothérapeutique qui se base sur un modèle neuro-scientifique ou même sur de la physique quantique n’en devient pas pour autant une neuroscience ou de la physique quantique…

La psychothérapie c’est fondamentalement « prendre soin de l’autre à travers une relation thérapeutique ». Il s’agit du désir même de prendre soin de la relation et de la volonté d’aider l’autre en faisant de la relation la base qui a tant manqué. On est loin d’une approche scientifique. La psychothérapie est de nature humaine : avec sa part de mystère, d’aléatoire, d’arbitraire et surtout son absence de règle mathématiques.

La science s’intéresse aux objets et à la mesure. Elle est passionnante. Elle prend un objet, le mesure, voit si quelque chose de nouveau se produit, évalue le résultat, met le tout en chiffres et le publie. Et ceux qui vendent “l’efficacité” de leur modèle de psychothérapie sous prétexte qu’il serait “scientifique” font là – consciemment ou inconsciemment – un malheureux contre-sens.

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Les thérapeutes en “psycho-physiologie” ou en “neuro-psycho-biologie” ne doivent pas croire qu’en devenant physiologiste ou neuro-biologiste, ils en seront de meilleurs psychothérapeutes. Ces connaissances “techniques” sont des soutiens et des gages de sécurité au service des patients et de leur traumatismes mais ne remplacera jamais la qualité d’être, la disponibilité intérieure, la conscience, l’ancrage et l’aptitude à la profondeur de connexion de la personne qui accompagne.

Alors restons vigilants sur ce que l’on se raconte et ne faisons pas d’amalgame. Sinon le risque de vivre des expériences difficiles grandit. Et à une époque de démocratisation des accompagnements à la santé mentale (thérapies brèves, psycho-corporelles et autres…), la vigilance et la sécurité sont plus que jamais de mise.

therapie intelligence relationnelle enfant psychotherapieLa qualité d’un thérapeute résidera toujours plus sur ses qualités humaines d’empathie, de compassion incarnée et d’aptitude à la sécurité relationnelle (innée ou acquise) que sur ses connaissances techniques. Des qualités à soutenir par un véritable travail continu sur soi qui renforce la  conscience sur ses propres schémas relationnels, notamment ceux liés à l’attachement. Des qualités humaines à mettre ensuite au service du patient grâce à la maitrise des structures, des règles et des principes scientifiques de la méthode.

Une sécurité relationnelle incarnée représente la base sur laquelle la relation humaine pourra se déployer. Car autant l’empathie sans la colonne vertébrale d’une structure scientifique n’assure pas la protection du patient, autant la maitrise de l’outil sans la puissance empathique d’un thérapeute est hasardeuse. Pour que la psychothérapie prenne réellement soin de l’autre ET protège le patient, il est primordial d’intégrer ces principes scientifiques de la biologie (Nb : physiologie du trauma) – et pour cela de les apprendre et de ne pas les considérer comme une finalité. Et-ce, même si certains scientifiques ne voient pas d’un bon oeil l’application de la science au champ de la psychothérapie.

Ouvrons-nous à un dialogue respectueux entre ces deux champs dans une intention d’enrichissement mutuel en restant transparent, réaliste et explicite sur les apports de chacun. Car même s’il est important de garder à l’esprit que c’est la science qui sert la thérapie de demain et non l’inverse, la considération de l’Humain pourrait aussi beaucoup apporter à certaines démarches scientifiques.


* Ces formules sont exprimées avec un infini respect pour ces professions et dans la conscience que nombre d’accompagnants issus de ces parcours se sont également ouverts à des approches “relationnelles”.

Pour élargir le spectre :

“Biologie et psychothérapie” (lien)

“Efficacité de la psychothérapie ou comment la science répond à une question intime” (lien)

“Psychothérapie dans tous ses états” (lien)

“Distinguer la science de la pseudoscience” (lien)

“Max Pagès, précurseur de l’intégration” (lien)

“Les facteurs communs de succès des psychothérapies ?” (lien)


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